Cette Porsche 928 – année modèle 1979, c'est-à-dire issue d'une époque où Porsche dessinait encore à l'aide d'un compas et concevait ses modèles avec passion – est sans aucun doute une voiture remarquable. Sur les 3009 exemplaires construits à l'époque, on estime qu'il n'en reste peut-être plus que quelques centaines en circulation, et parmi ceux-ci, aucun n'a probablement atteint un stade d'évolution aussi inhabituel que celui-ci.
Car cette 928 a non seulement subi une cure de jouvence, mais aussi une sorte de renaissance mécanique, si vous nous permettez cette expression. Il n'y a pas d'autre façon de le dire : ici, on a travaillé sans se soucier du budget, plutôt comme si l'on avait pour mission de téléporter une voiture neuve dans le passé. Le moteur ? Entièrement révisé, jusqu'au dernier palier, poli, mesuré, équilibré – on pourrait probablement le mettre sur un socle comme un V8 d'exposition et le laisser admirer par le public, s'il n'était pas trop dommage pour cela. Le châssis complet ? Reconstruit, avec toutes les pièces de suspension de A à Z. Pas de douilles usées, pas de joints fatigués, pas même un grincement timide. Pneus, freins, embrayage, système électrique – tout est neuf, tout a été révisé, tout a été fait avec une certaine obsession, et tout cela au cours des dernières années. Avec une passion que seules les personnes qui ne lâchent rien dans la vie peuvent avoir : la perfection.
Mais ce n'est pas tout. Alors que d'autres 928 passent leurs journées comme des classiques bien entretenus, celle-ci a décidé d'élargir son existence de « Landhai » (requin des champs) et de se lancer dans une deuxième formation professionnelle : celle de Safari GT. Surélevée grâce à un châssis fileté KW finement réglé, équipée de pneus à crampons, avec l'attitude d'un marathonien et la confiance en soi d'un commandant de campement dans le désert, elle se tient là : large, souveraine, un peu insolente et magnifiquement seule au milieu d'un vaste terrain. On pourrait croire qu'il se tient seul quelque part dans un vaste terrain, la main à plat sur le front pour se protéger du soleil, et qu'il examine la situation pour déterminer dans quelle direction continuer. Dans l'autre main, une gourde recouverte de feutre... Une 928 qui pourrait non seulement rouler de Paris à Dakar, mais aussi revenir, simplement parce qu'elle en est capable.
Son caractère unique ? Probablement absolu. Car même s'il existait quelque part dans le monde une deuxième 928 surélevée – ce dont on peut douter –, elle ne serait certainement pas dans un tel état technique. Sans connaître personnellement toutes les 928 existantes, on peut affirmer sans crainte : il est pratiquement impossible de trouver un représentant mieux conservé de cette espèce vieille de près de 50 ans. Et encore moins un qui puisse passer pour une Safari GT.
En bref : si vous recherchez une Porsche 928 qui semble aussi neuve qu'une voiture sortie hier de l'usine, tout en étant aussi exotique qu'un cactus dans la toundra, vous avez ici votre jackpot automobile.
D'autres photos suivront prochainement. Nous recommandons vivement cette 928 « Cross Touring » à ceux qui, comme nous, cherchent la fameuse aiguille dans une botte de foin.
Avec au moins 928 pouces levés !
Votre équipe dls