On pourrait dire qu’à l’époque déjà, quelqu’un avait compris qu’une 928 S ne devait pas nécessairement se contenter de rouler vite en ligne droite.
Et c’est précisément cette configuration d’usine inhabituelle qui rend aujourd’hui cette voiture particulièrement intéressante. Non pas parce qu’une modification ultérieure l’aurait rendue « plus sportive » à un moment donné, mais parce que Porsche l’a elle-même construite et livrée exactement ainsi.
C’est une différence importante.
Mais ce qui est encore plus important, c’est ce qu’il est advenu de cette voiture par la suite.
La 928 S a d’abord été livrée en Italie. C’est là-bas qu’elle a passé les premières décennies de son existence dans des conditions qui n’auraient guère pu être meilleures pour une automobile. Surtout, elle n’a pas eu à faire face à un élément qui, sous nos latitudes, peut considérablement mettre à mal une Porsche classique au fil des ans :
l’hiver.
Depuis sa première immatriculation, cette 928 S n’a jamais été exposée aux conditions hivernales. Plus de 42 ans sans sel ni gravillons laissent des traces – ou, pour être plus précis : ils empêchent l’apparition de toute une série de traces que l’on s’attend normalement à trouver tôt ou tard sur une telle voiture.
En 2015, la voiture est arrivée en Allemagne. L’acheteur était le président d’un club Porsche, qui l’a importée d’Italie puis l’a fait soumettre à une révision technique au Centre Porsche de Karlsruhe, une révision qui devait d’abord donner tout son sens à ce terme.
En effet, il ne s’agissait pas ici de remettre en état de marche une 928 vieille de plus de 30 ans à moindre coût.
Le moteur a été entièrement révisé.
La boîte de vitesses manuelle à 5 rapports a été entièrement révisée.
Le châssis, le système de freinage et l’ensemble de la chaîne cinématique à transmission transaxiale ont été entièrement révisés.
D'autres travaux et remplacements ont suivi, notamment au niveau de la climatisation, de la commande de boîte de vitesses et du réglage du châssis. Le véhicule a ensuite été entretenu et perfectionné dans les meilleures conditions possibles.
Les factures d'origine du Centre Porsche de Karlsruhe et de la société Krämer à Vogt s'élèvent au total à environ 70 000 euros.
C’est une somme considérable.
Mais surtout, elle en dit long sur l’approche adoptée.
Avec un tel montant, on aurait pu faire beaucoup de choses « autrement ». Réparer certaines pièces, en remplacer d’autres, en laisser d’autres de côté pour l’instant. La voiture aurait sans doute pu fonctionner à nouveau pour un coût nettement inférieur.
Mais ce n’était manifestement pas de cela qu’il s’agissait ici.
Il s’agissait de ramener la 928 à un état technique tel que l’on ne soit pas constamment rappelé, au volant, que plus de quatre décennies se sont écoulées depuis.
Et c’est là que les factures prennent toute leur valeur.
On peut investir 70 000 euros dans une vieille Porsche et se retrouver ensuite avec une facture impressionnante.
Ou bien on peut investir 70 000 euros et se retrouver avec une voiture qui roule comme il se doit.
Heureusement, c’est cette dernière option qui s’applique à cette 928 S.
Depuis la fin des travaux de restauration approfondis, elle n’a parcouru qu’environ 9 000 kilomètres. Et quiconque conduit cette Porsche comprend très vite pourquoi tant d’efforts ont été déployés.
Le moteur est à la fois puissant et raffiné. La boîte de vitesses manuelle se manie exactement comme on peut s’y attendre d’une Porsche en parfait état mécanique. L’ensemble de la transmission transaxle fonctionne sans présenter les signes de vieillissement typiques qui, sur un tel véhicule, finissent souvent par se répercuter les uns sur les autres.
Le châssis ne donne pas l’impression d’être celui d’une vieille voiture dont les composants ont été remplacés à un moment donné.
Il donne l’impression d’une très bonne voiture.
Précis, ferme, maîtrisé et dépourvu de cette vie propre légèrement indéfinissable que l’on qualifie souvent de « pleine de caractère » chez les véhicules plus anciens, alors qu’il s’agit en réalité d’une douille usée.
Le système de freinage confirme également cette impression.
Et la qualité technique ne s’arrête pas là où finissent les grands sous-ensembles.
La climatisation fonctionne, tout comme l’ensemble des équipements électriques. L’antenne électrique fonctionne, les haut-parleurs font ce que des haut-parleurs sont censés faire, et même les petits détails qui, sur une voiture de 40 ans, ont tendance à commencer à rendre l’âme, fonctionnent comme il se doit.
Même les amortisseurs de capot ont apparemment décidé de ne pas considérer leur mission initiale comme achevée.
Cela peut sembler anodin.
Mais ce n’est pas le cas.
Car c’est précisément à ces petits détails que l’on reconnaît si quelqu’un se contente de maintenir une vieille voiture en état de marche d’un point de vue technique ou s’il avait pour ambition de la restaurer dans son intégralité.
Le kilométrage total affiché est de 126 000 kilomètres.
Ce chiffre est lisible sur le compteur kilométrique.
On ne le remarque pas en roulant.
C’est peut-être là la description la plus pertinente de l’état actuel de cette 928 S.
Car ce qui fait véritablement sa qualité, ce n’est pas qu’on y ait un jour investi beaucoup d’argent. Ce qui compte, c’est que cet investissement ait été consacré là où il le fallait : à l’expérience de conduite.
On monte à bord, on démarre le V8 et on n’a pas l’impression de devoir ménager une vieille voiture.
On a l’impression d’être au volant d’une Porsche.
Exactement comme elle devait probablement se conduire en 1984.
Et sa configuration technique inhabituelle y contribue bien sûr.
La boîte de vitesses manuelle sport ne fait pas de la 928 S une Porsche de puristes. Ce n’était d’ailleurs pas le but de cette voiture. Mais elle offre au conducteur un niveau de contrôle supplémentaire. Le différentiel à glissement limité à 40 % et le châssis sport renforcent ce caractère, sans pour autant renoncer à la vocation Gran Turismo propre à la 928.
C’est une combinaison remarquablement harmonieuse.
Et rétrospectivement, c’est presque un heureux hasard que, il y a plus de quatre décennies, quelqu’un ait choisi, lors de la commande, non pas la voie la plus confortable, mais la plus intéressante.
Aujourd’hui, cette décision ne peut plus être rattrapée.
On peut transformer une 928 automatique. On peut monter un autre châssis. On peut installer un différentiel à glissement limité a posteriori.
Mais on ne peut pas commander a posteriori une voiture équipée d’origine de ces éléments.
C’est précisément pour cette raison que la configuration d’origine de cette 928 S est si importante.
Et c’est pourquoi sa histoire comporte également une deuxième partie, au moins aussi importante :
elle a survécu à plus de quatre décennies sans utilisation hivernale, a été ramenée en Allemagne en 2015 par un passionné de Porsche italien, puis a fait l’objet d’une remise en état technique dont le coût dépasse largement le budget d’entretien habituel d’une 928.
Aujourd’hui, le compteur affiche 126 000 kilomètres.
Pourtant, la 928 S ne roule pas comme une voiture ayant 126 000 kilomètres au compteur.
Elle roule comme une Porsche dont les principaux composants techniques viennent tout juste de réapprendre à fonctionner comme ils le devaient à l’origine.
C’est peut-être là la forme la plus convaincante d’une remise à neuf technique :
on ne la remarque pas.
On remarque seulement que tout fonctionne. Pour plus d’informations détaillées sur ce véhicule, contactez-nous ou prenez rendez-vous pour une visite. Cette annonce de vente ne constitue pas une offre au sens de l’article 145 du Code civil allemand (BGB). Il s’agit plutôt d’informations en vue de la conclusion d’un contrat. Les informations fournies ici sont sans garantie et ne constituent donc pas des caractéristiques garanties. Le vendeur décline toute responsabilité en cas d’erreurs, de fautes de saisie ou de problèmes de transmission des données. Sous réserve de vente préalable.
Caractéristiques techniques :
zinc métallisé, cuir bleu foncé, boîte de vitesses à 5 rapports, châssis sport, élargisseurs d'ailes arrière, radio Porsche Classic, antenne électrique, ABS, divers autres équipements supplémentaires